22/09/2018

Première journée à bord du WHY

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Après 24 heures de voyage, une courte nuit, 45 minutes de vol au-dessus des atolls incroyables, nous voilà dans un coin du paradis, à Bora-Bora. Dans quelques heures, direction la goélette le WHY, pour rejoindre l'équipe de l'expédition Under the pole. Des plongées à 90 et 120 mètres de profondeur sont au programme de l'équipage.


Ici il est 4h08. Le décalage horaire vous dit  « Ia orana » (bonjour) !

IMG_6258.JPGLe réveil interne déboussolé a sonné il y a une demi-heure déjà.  On n’est pas la seule décalée, une bande de coqs chante – hurle – depuis vingt minutes avec entrain. Le gecko du plafond a rejoint le chœur, voix d’alto qui glapit. Le soleil ici se lève à 6h – cela échappe visiblement aux coqs – et se couche à 18h. Après 24 heures de voyage, une courte nuit, 45 minutes de vol au-dessus des atolls incroyables – enfin, il paraît, il fallait s’asseoir à gauche de l’avion pour en profiter, on comprend mieux les couples jouant des coudes dans la file d’attente -, on est à l’autre bout du monde. Non, plus loin : un coin du paradis, Bora-Bora. (Ci-contre l'arrivée à Bora-Bora et son chaleureux crachin d'accueil).

IMG_2521.JPGL’équipe de l’expédition Under the pole (UTP) a jeté l’ancre en Polynésie en juin. Ils sont actuellement 14 à bord, en léger surnombre, les cabines de la goélette le WHY, 20 mètres de long, affichent complet, ça dort à tour de rôle sur le pont. Il y a notamment des plongeurs aguerris, une cuisinière-médecin – la medicook, du 2 en 1 très pratique -, des scientifiques dont Michel Pichon, LE spécialiste es coraux, un photographe, la nounou Camille, Robin et Tom (6 et 2 ans), les enfants Ghislain Bardout et Emmanuelle Périé-Bardout, le couple qui a lancé l’aventure UTP il y a dix ans (voir billet d’introduction).

Pendant 5 mois, l’équipe va plonger quasiment quotidiennement à travers les 5 archipels de la Polynésie. Depuis début juillet, ils ont déjà effectué 87 plongées. Le programme scientifique d’étude des coraux mésophotiques se déroule en partenariat avec le CRIOBE (Centre de Recherches Insulaires et Observatoire de l'Environnement à Moorea), qui dépend du CNRS. L’étape actuelle se situe non loin de Bora-Bora, où les trois palanquées – binômes de plongeurs – se relaient pour explorer les abysses. Ils s’enfoncent à trois profondeurs de « travail », 60, 90, 120 mètres. Pour des plongées qui durent souvent entre 2h30 et 3h (paliers de décompression oblige, il faut éliminer les bulles d’azote accumulées dans l’organisme avant de remonter en surface).

IMG_2545.JPGDerrière cette prouesse technique de durée et de profondeur, un savoir-faire et du matériel à la pointe. Le scaphandre recycleur – un système à oxygène, hélium et azote, on en reparlera plus longuement prochainement - et un propulseur évite l’effort et la consommation d'air. Entre ces deux engins, les bouteilles de secours et le reste de l’équipement, chacun porte en surface près de 100 kilos sur le dos. Des plongées de l’extrême pour découvrir cette fameuse twilight zone, située entre 30 et 150 mètres qui reste aujourd’hui encore peu explorée. (Ci-contre, Ghislain contrôle son scaphandre).

Il est 9h20 et ça s'agite sur le pont. Le temps est bon mais on attend de la pluie et du vent pour l'après-midi (cela se vérifiera en effet quelques heures plus tard pour notre grand plaisir). Pas de quoi échauder l'équipe, deux plongées sont prévues aujourd'hui, l'une à 90 mètres, l'autre à 120.

IMG_2570.JPGQuatre plongeurs, deux autres en surface qui assure la sécurité et la logistique, Héloise la scientifique qui étudie les coraux embarquent sur le bateau qui le emmènera hors du lagon, sur le site de plongée au large. "Les plongées durent en moyenne entre 2h30 et 3h, explique Erwan, 26 ans, ingénieur écologue et plongeur, responsable à bord des partenariats et de la logistique. A 120 mètres, on reste généralement entre 20 et 25 minutes, puis on enchaîne les paliers de décompression, à 70, 50, 30, 15 mètres. Le plus long palier est le dernier, à 6-3 mètres, durant 1h à 1h30..." Durant tout ce temps, on fait quoi? "On admire les coraux, on regarde les poissons, on fait des photos. Certains méditent aussi! On a aussi des tablettes immergeables qui permettent de regarder des films, mais sans le son!"

Les plongeurs prennent le large. Il est temps de découvrir le WHY!

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Commentaires

Bonjour Aurélie, merci pour vos bonnes nouvelles.

Je vous lis avec intérêt et avec mes collègues nous nous demandions comment les plongeurs restent à la même profondeur pendant les paliers de décompression ? Il y a t il un filon ou câble auquel ils s'accrochent ?

Très bonne journée

Christine Mottier

Écrit par : mottier | 25/09/2018

Bonjour,
Merci pour cette question et désolé pour le retard de ma réponse. Lorsqu'ils ont terminé leur "travail" au fond (récolte d'échantillons de coraux, prélèvements, placement de sondes, entre autres), les plongeurs envoient un "parachute" à la surface. Soit une sorte de bouée cylindrique qui se gonfle à l'aide de quelques bulles injectées via le détendeur de secours. Gonflé par l'air, le parachute remonte alors à la surface, relié à un filin en mains du plongeur. A la surface, le parachute sert à indiquer au bateau la position des plongeurs. Sous l'eau, les plongeurs peuvent s'accrocher au filin pour se maintenir à une profondeur constante et faciliter les paliers. Mais lorsque l'équipe d'UTP effectue ses longs paliers, elle ne reste pas forcément statique et se déplace, en restant une profondeur donnée, pour s'occuper (observer la faune, les coraux, etc.). Un ordinateur lui permet de contrôler qu'elle reste à la profondeur choisie.

Écrit par : Toninato | 03/10/2018

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